Débat d’idées : Quelle place pour l’Afrique dans la philosophie des sciences au 21ème siècle ?
Cette question, en apparence anodine, cristallise la complexité relationnelle des rapports entre le continent et l’Occident, en même temps qu’elle présuppose les raisons pour lesquelles, aujourd’hui, les relations sud-nord ont atteint un niveau de contradiction et de désamour profond, aux plans culturel, humains, politique, économique, etc.
S’extraire de cette relation, de ses ambiguïtés, de ses souffrances, de ses étourderies, voire de ses bénéfices concrets ou de ses malheurs, suppose par exemple, de passer de la simple contestation fondée sur la perpétuelle accusation du monde occidental, à propos de l’état actuel de l’Afrique, à une acceptation assumée de l’héritage scientifique colonial.
Dialoguer avec l’Occident sur la base de sa propre subjectivité et de sa propre intelligence comprises, partagées et assumées par l’Afrique comme telles, devient ainsi une manière de se comprendre elle-même à partir de cette nouvelle logique. Cela pourrait être le prix à payer pour parvenir, par ses propres réflexions et références intellectuelles, à se hisser à hauteur du monde. Cette démarche suppose aussi d’admettre en Occident, les limites face auxquelles les développements de la raison exposent l’humanité tout entière.

